Retour au lycée

J’ouvrais les yeux difficilement. N’étant plus habituée à me lever aussi tôt, mon corps était lourd et je n’avais qu’une envie, rester sous ma couverture toute le journée. Il faut dire que mon comportement pendant le confinement a été ancré dans mes habitude. Je posais mes pieds sur le parquet froid et me décidais enfin à sortir de ma chambre quand j’entendis la porte d’entrée s’ouvrir. Ma soeur venait de rentrer de soirée, les joue rougies par l’alcool et les yeux fatigués. Depuis le début du déconfinement elle ne vivait plus que la nuit, rattrapant ainsi le temps qu’elle considérait comme perdu. Elle me donna une accolade avant de monter se coucher pour rattraper cette deuxième nuit blanche. À l’étage au-dessus, les escaliers en colimaçon se mirent à grinçer, ce qui signifiait que ma mere venait de se réveiller. Je trouvais ça étonnant car je lui avais dit qu’elle n’avait pas à se lever avec moi ce matin pour me tenir compagnie.Nous nous sommes toutes deux servies le petit déjeuner et nous sommes assisses dans le salon pour regarder les informations.

« Aujourd’hui est le jour pour de nombreux lycéen de retourner à l’école. De nombreuses questions demandent toujours à être éclaircies concernant la façon de se comporter et les moyen mis a disposition pour lutter contre le virus. »

Il était l’heure pour moi de partir. Mes affaires en mains, j’embrassais ma mère sur la joue et me mis en route. Je me dirigeais vers mon arrêt de bus comme j’en avais l’habitude avant l’épidémie… mais tout semblait avoir changé. Les passants marchaient seuls, la tête baissée, un masque sur le visage. Ils s’écartaient brusquement quand quelqu’un passait trop près d’eux. La seul chose visible sur leur visages (quand ceux-ci ne sont pas cachés par leur cheveux) sont leurs yeux, qui pour certain semblent inquiets et pour d’autres heureux de pouvoir sortir à nouveau. Après tout je suis pareille qu’eux. De nombreuse personnes sont mortes à cause cette maladie, alors sortir fait peur à présent.

Je plaçais mes écouteur sur mes oreilles et observais les gens pour passer le temps du trajet. Mon bus était presque vide ou bien il le semblait car tout le monde gardait une distance de sécurité ou du moins essayait, pour ceux qui étaient debout. Enfin arrivée à destination, je vis le grand grillage noir marquant l’entrée de mon lycée, qui je dois bien l’admettre m’avait manqué. Comme à mon habitude, j’étais en avance, donc une des premières à entrer dans le bâtiment. Je m’asseyais à ma place habituelle et sortis mon livre pour faire passer le temps, quand j’aperçus au loin Liliane me faire une signe de main. Je me levais pour la saluer et finalement me retrouver dans une situation gênante car nous ne savions plus comment nous dire bonjour sans nous toucher. Le temps passa rapidement perdant à chaque fois trente minutes pour raconter notre expérience du confinement à nos professeurs. Ce fut enfin la pause et je pouvais souffler un moment. Les élèves discutaient entre eux joyeusement, visiblement heureux de se revoir à nouveau, mais même si tout semblait parfait dans cette journée, je sentais que quelque chose clochait, quelque chose que personne ne semblait voir. J’avais comme l’impression d’avoir été surveillée toute la journée. Je croisais parfois le regard d’autres élèves mais ceux si le détournaient brusquement comme pris en flagrant délit. Je me posais alors tout un tas de questions, ne comprenant pas la situation dans laquelle je me trouvais et pensant être devenue paranoïaque. Mes pensées furent coupées par un cri, non pas un cri de joie comme je l’aurais espéré mais bien un cri de peur ou bien de douleur qui me glaçait le sang. Je me levais dans un sursaut pour me rendre à l’endroit d’où provenait le cri. Je marchais lentement, le bruit étant de plus en plus sourd à mesure que je me rapprochais de ma destination, mais je m’arrêtais un moment pour regarder, étonnée, autour de moi. Tous les éleves continuaient leurs discussions comme si de rien n’était, comme si ce cri ne résonnait pas en echo dans les couloirs étroits de notre lycée. Ils riaient, mais sans bruit comme si tout le monde avez étés mis en mode silencieux. Leurs mouvements étaient exagérés, comme plongés dans une démence profonde. L’ambiance était pesante, je ne savais pas comment réagir, alors je me mis au sol, en boule, les mains sur les oreilles pour étouffer les cris. Une main se posa sur mon épaule et je sursautais à ce contact. Tout semblait être revenu à la normale. Le cri avait enfin disparu et les élèves riaient à nouveau normalement. Tout était normal ? Heloise me regardait avec des yeux inquiets, elle attrapait ma main pour m’aider à me relever et me mena dehors près des table de ping-pong. les yeux perdus dans le vide, un torrent de questions grouillant dans mon esprit, ma tete tambourinait me faisant fermer les yeux de douleurs. Mon corps tremblait comme pris de sursauts incontrôlables, Et un voix inconnue n’arrêtait pas de me répéter :

« Calme toi. Tout va revenir à la normal ! Il vous suffit juste de faire attention pendant encore … au moins un an ou deux. « 

Nina schoukroun

Retour au lycée

La moitié, la moitié des lycéens devant la grille qui attendent , elle s’ouvre enfin on entre les surveillants portent un masque la principal fait une annonce. on nous repartis dans des salles de cours, tout se passe bien le premier jour mais une fois que tout le monde a repris sa vie normalement.C’est la que les choses dégénèrent, nous sommes en classe et le ministre de l’éducation nationale fait un discours urgent et imprévu : le virus à muté, il s’attrappe  rien quand respirant le même air qu’une personne dans la même salle et est devenu plus mortel pour les adolescents. Notre professeur informé par téléphone s’évanouit. Tous les élèves sortent en panique je me dirige vers la sortie, elle est fermée, je tente de l’escalader mais impossible . Je vois de plus en plus de mes camarades tousser, j’assiste même à certaines morts . Ne trouvant plus mes amis je tente de me débrouiller seule. Aucune nouvelles des principales, un élèves accède au téléphone du lycée et appelle les urgences, il n’y avait personne dans les bureau de l’administration. On attend une heure deux puis trois mais personnes ne vient. C’est la que j’ai compris qu’ils vont nous laisser là car on est tous un risque pour la population. Ils vont nous laisser mourrir.  J’évite tout contact avec quiconque, je reste dans les bureaux administratifs tandis que tout le monde est éparpillé dans l’établissement, j’appelle donc mes proches mais personne ne répond. Tout le monde s’éteint petit à petit et moi je n’y échappe pas non plus . 
Souilah zakia

De retour au lycée.

J’empruntais enfin le chemin vers le lycée, un masque sur ma bouche, un sac sur le dos, des chaussures aux pieds. Mes écouteurs dans mes oreilles, je reprenais ce périple que je connais par cœur. Une musique douce s’installe, tandis que j’observais les passants, tous ou presque recouverts de masque, certains jolis, d’autres banales. Beaucoup de regards méfiants, mais tout le monde était heureux de retourner dehors, de sentir enfin le vent dans nos cheveux, le soleil sur nos peaux. J’arrivais devant la grande grille de métal, même l’aspect de mon lycée m’avait manqué, j’avais hâte d’arpenter les couloirs, de m’assoir dans les salles, de revoir mes amis. Je rentrais dans le lycée, je montais les escaliers et lorsque j’arrivais dans le hall, je les ai vu, tous beaux, souriants. À force de les avoirs vus à travers un écran ils me paraissent tellement différents, mais c’était bien eux en chair et en os. Je courais vers eux, sincèrement heureuse de les revoir. On se racontait notre confinement, ce que l’on avait fait. On découvrait les nouvelles coupes de cheveux de certains, les nouvelles couleurs. La sonnerie sonna. 

La matinée était passée, les cours ne m’avaient pas autant manqué en fait, l’ennui qui subsistait avant le confinement était vite revenu, la routine se réinstallait. À la pause nous nous étions retrouvés devant le lycée pour fumer, une clope aromatisée aux fines herbes, et nous étions repartis pour un tour. Rien de mieux pour casser cet ennui pesant qui m’assommait. Nous retournions en cours, les yeux mi-clos, la bouche pâteuse. Je me baladais autour du monde dans ma tête. Les couloirs étaient devenus très lumineux, et les gens avançaient tous très rapidement. Je m’asseyais sur ma chaise, le prof entra, commença son cours, mais j’avais déjà perdu le fil, j’observais ma table avec une attention particulière. 

Elle n’avait rien d’incroyable juste une table des plus communes, un peu sale, des dessins un peu partout, mais plus je l’observais plus elle me paraissait pixeliser. Décidément, la cigarette de ce matin me faisait tourner la tête, je décidai de me concentrer sur le cours, oubliant cet événement, mes yeux avaient du mal à rester ouvert, j’avais sommeil alors je m’abandonnais au marchand de sable venue trop tôt. Le bruit des élèves qui rangeaient leurs affaires me réveilla, j’avais dormi longtemps. Je m’empressais de ranger les miennes pour courir vers la cantine. Lorsque j’arrivais, la queue était déjà incroyablement longue. J’abandonnais alors mon espoir de manger, je partis, retournant devant le lycée, une cigarette en bouche, appréciant le calme de l’extérieur, la fumée me piquait les yeux, le goût irritait ma gorge. Je voyais flou, car certaines larmes avaient commencé à couler. Voulant rallumer ma clope éteinte, je l’approchais à ma bouche, mais l’événement se produisit encore, ma clope était pixelisée, je la regardai attentivement puis me frottais les yeux pour mieux voir, mais l’effet était parti. À cause des pleurs et de la fatigue, je voyais des choses maintenant, décidément, il fallait que je reprenne mes esprits. Je me levai, retourna à l’intérieur du lycée et m’assis cette fois dans le hall, mes amis arrivèrent, les discussions fusaient quand lucie m’appela, je me retournai vers elle, mais son visage avait changé, il était pixelisé, ces traits étaient difformes, et lorsqu’elle me parlait, tout était coupé par des grésillements intenses, elle posa sa main sur mon épaule sûrement inquiète par la tête que je faisais mais sa main traversa mon épaule sans jamais la toucher, je criai, mes mains se plaquèrent sur mes oreilles, les larmes coulaient sur mon visage, je fermais les yeux je voulais m’échapper de ce mauvais trip. Mes amis s’inquiétaient, me demandait comment j’allais, je ne répondais pas, j’avais peur de rouvrir les yeux et de voir tout le monde en monstre de pixel. J’avais peur. Je sentis une main sur mon épaule. Cette fois-ci, je la sentais, je me décidai enfin à ouvrir les yeux. Quelle était ma surprise quand je vis que tout était normal que rien n’avait changé, Lucie était Lucie, pas de pixel, pas de voix robotique. Et sa main ne passait pas à travers moi. Elle était redevenue ma Lucie. Je m’excusais pour ma crise de panique, je repris mes esprits. Le tabac avait des effets étranges sur moi. La journée continua sans nouvelles hallucinations. Je rentrais chez moi et tout me paraissait normal. 

Le lendemain, je retournai au lycée, la routine encore, toujours. Les cours, les pauses, les clopes s’enchaînaient. Nous avions une heure de pause en commun juste avant la dernière heure de la journée, nous nous retrouvions alors vers les préfabriqués, Pablo avec son yukulele rajoutait une ambiance à la scène. Les rires pouvaient s’entendre dans tout le lycée. 

Ma main sur le sol dessinait des ronds de toutes les couleurs, je me sentais bien, lorsque je relevai la tête pour rigoler à une des blagues de Ben, ma vue fît encore des siennes, tout était pixelisé comme dans les visios que l’on faisait, tout autour de moi, les gens, les arbres, les bâtiments. J’essayais de faire abstraction, mon cerveau faisait juste encore des siennes, le tabac avait juste des effets un peu bizarres, mais ça ne partait pas. Puis Bob m’appela, et me dit avec une voix robotique qui grinçait à mes oreilles : « Tu le vois n’est ce pas, le monde, tu le vois comme il est vraiment. » Je ne comprenais pas, le monde ? Comme il est vraiment ? Les pixels, étaient-ils vrais, tout cela était vrai, je ne voyais que la vérité ? Mon cœur s’emballa, mes mains étaient moites, de la sueur coulait dans mon dos, je frissonnais de peur. Tout d’un coup, j’observais mes mains elles aussi étaient pixels, je criais, je frottais mes mains pour enlever le glitch qui s’était formé. J’avais peur, mes jambes tremblaient, je sentais tout mon corps devenir qu’une masse de pixels immondes. Ma voix se brisait en une voix robotique, mes larmes étaient saccadées, comme une mauvaise connexion. Je ne voulais pas devenir comme eux, je commençais à me taper la tête, je voulais sortir de ce mauvais rêve, sortir de ce trip. Je me tapais les tempes avec mes poings, j’enfonçais mes ongles dans ma peau, je me griffais le visage pour me réveiller, les gens qui m’entouraient rigolaient. Je devenais folle, il fallait que je sorte, laissez-moi sortir, s’il vous plaît. 

Ma tête se cognait contre le sol, le sang coulait. Mais la douleur ne se faisait pas ressentir. Puis j’entendis une voix, une voix paisible, sans coupures, une voix normale, calme. « Gabrielle ? Gabrielle ? Réveille-toi » je remarquais que mes yeux étaient en fait fermés, j’avais peur de les rouvrir, lorsque j’eus enfin le courage de le faire, j’observais autour de moi, j’étais chez moi, il faisait nuit dehors. Je m’étais endormie en visio avec mes amis, et ils étaient tous là, Lucie, Ben, Bob, Pablo avec son yukulele, ils me dirent que je m’étais endormie, et que je m’étais beaucoup agité, j’avais sûrement fait un mauvais rêve c’est pour ça qu’ils essayaient tant bien que mal de me réveiller depuis une demi-heure au moins. Je les regardais soulager de les voir sans ces affreux pixels. J’en avais encore des frissons. Quel cauchemar affreux. Je disais au revoir, quittai le visio et éteignit l’iPad. J’allais à ma fenêtre pour prendre un peu l’air, mes doigts se baladaient sur ma clope, et la musique dans ma chambre avait un sentiment de mélancolie, je finissais ma clope, fermai ma fenêtre mais lorsque je me retournais, pendant un quart de seconde j’avais cru voir ma chambre pixelisée comme dans mon rêve. Je secouais ma tête décidément, ce cauchemar m’avait fait peur, je risquais de m’en souvenir pendant longtemps. Je me déshabillais , pour me coucher, mais je vis sur mes avant-bras des griffures, ma tête saignait mais il n’y avait aucune blessure. J’essuyais le sang, et désinfectais mes griffures, je devais avoir bougé dans mon sommeil et je m’étais fait mal. Mais le doute planait trop de coïncidence avec mon rêve, était-ce même un rêve ? Je rigolais à ma propre paranoïa, je me couchais et fermais les yeux, j’espérais juste ne pas faire un autre… cauchemar ?

Gabrielle Mendousse 1AA3

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